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Dots d'OpenAI : comment fonctionnent ces agents IA toujours actifs et ce qu'ils changent
Par Romane Levy, fondatrice de SILIVPublié le
Jusqu'ici, une IA attendait qu'on lui parle. Avec les dots, OpenAI propose l'inverse : un agent qui garde vos objectifs en tête, travaille pendant que vous faites autre chose et revient vers vous quand il a besoin d'une décision. Voici ce qui a été annoncé, comment cela fonctionne, à quoi cela sert et qui peut l'utiliser aujourd'hui.
La réponse courte : les dots d'OpenAI sont des agents IA « toujours actifs », annoncés le 29 septembre 2026, qui fonctionnent avec le modèle GPT-6 Astra, disposent chacun d'un ordinateur et d'un navigateur dans le cloud, se connectent à plus de 4 000 applications et poursuivent les objectifs que vous leur fixez même quand ChatGPT est fermé. Le premier dot est inclus dans les abonnements ChatGPT Pro et Business Premium. En France, seuls les sièges Business Premium et les clients Enterprise y ont accès pour l'instant.
Quand les dots d'OpenAI ont-ils été annoncés ?
OpenAI a présenté les dots le mardi 29 septembre 2026, en ouverture de sa conférence annuelle DevDay à San Francisco. Dans son annonce officielle, l'entreprise les décrit comme des agents « remarquablement capables, toujours actifs, conçus pour tout prendre en charge ». Le déploiement a commencé le jour même pour les abonnés éligibles.
Les dots reposent sur GPT-6 Astra, le modèle qu'OpenAI a lancé le 3 septembre 2026. Le même jour, OpenAI a présenté deux outils qui vont avec : ChatGPT Space, un espace de travail où les membres d'une équipe et leurs dots collaborent, et Pages, un format de document coédité par des humains et des agents, synchronisé avec les outils connectés. Le lancement répond directement à Muse, l'agent personnel gratuit lancé par Meta quelques semaines plus tôt.
Comment fonctionne un dot ?
Un dot est un agent IA qui reçoit un objectif plutôt qu'une instruction, et qui travaille en continu pour l'atteindre. Concrètement, quatre briques le distinguent d'une conversation ChatGPT classique.
- Un ordinateur dans le cloud. Chaque dot dispose de sa propre machine virtuelle et de son propre navigateur, isolés de votre poste. C'est là qu'il ouvre des sites, manipule des fichiers ou exécute du code. Rien ne s'installe chez vous.
- Des connexions aux applications. Le dot utilise les connecteurs déjà proposés dans ChatGPT, soit plus de 4 000 applications selon OpenAI. Les identifiants enregistrés servent à se connecter sans que le modèle voie vos mots de passe.
- Une mémoire qui s'enrichit. Le dot retient vos préférences, vos standards et vos habitudes de travail au fil de vos retours, et ajuste sa façon de faire quand l'objectif évolue.
- Plusieurs canaux. Vous lui parlez depuis ChatGPT (ordinateur ou web), Slack ou Microsoft Teams. OpenAI annonce le SMS « bientôt ».
Vous créez votre dot, lui donnez un nom et une apparence (de petites mascottes colorées, qui ont fait sourire la presse), puis vous lui confiez un périmètre : « suivez les retours clients de ce formulaire et préparez-moi une synthèse chaque matin », « vérifiez que chaque prestation terminée a bien sa facture ». Il découpe l'objectif en tâches, avance, et vous sollicite quand une décision vous revient.
Que peut faire un dot sans vous demander, et que ne peut-il pas faire ?
C'est le point qu'OpenAI a le plus détaillé, et le plus important à comprendre avant d'en confier un à votre organisation.
- En arrière-plan, le dot ne fait que lire. Sa « recherche proactive » utilise uniquement des outils en lecture seule : il ne peut ni envoyer de message, ni modifier un contenu, ni piloter un ordinateur sans votre accord.
- Les actions à conséquences passent par une vérification. Avant d'envoyer un email ou de modifier un fichier, un mécanisme de contrôle automatique compare l'action à vos instructions et à vos règles personnalisées. Vous choisissez dans les paramètres ce qu'il peut faire seul et ce qui exige votre validation.
- Certaines actions restent réservées à l'humain. Un changement de mot de passe ou un paiement demandent toujours une approbation explicite.
- Tout est visible. L'application affiche la liste des tâches en cours et terminées, et le dot peut se mettre en pause s'il rencontre un problème de sécurité.
À quoi servent les dots concrètement ?
OpenAI a illustré le lancement avec des cas qui parlent à toute organisation, pas seulement aux développeurs.
- Facturation. Un dot détecte qu'une prestation n'a pas été facturée, prépare la facture et la soumet à validation avant envoi.
- Suivi d'un projet. Il apprend le positionnement d'un lancement de produit et met à jour les documents à mesure que le projet change.
- Veille et synthèse. Il examine ce qui est arrivé pendant la nuit (messages, tickets, signalements) et remonte les points importants le matin.
- Support et qualité. Il enquête sur un bug signalé dans un canal Slack et propose un correctif.
- Analyse. Il relance une analyse quand de nouvelles données arrivent et met les résultats à jour.
OpenAI teste aussi des dots « spécialisés » auprès de quelques entreprises : des agents dotés d'une identité propre, de leurs identifiants et d'accès adaptés à une mission. Les pilotes cités portent sur les achats, la facturation, l'email marketing, le support client et la gestion des contrats commerciaux. Une intégration avec Microsoft Agent 365 est en cours pour que les services informatiques gouvernent ces agents avec leurs outils habituels.
Quels connecteurs et quelles applications les dots utilisent-ils ?
Les dots ne disposent pas d'un catalogue à part : ils s'appuient sur les connecteurs et les applications déjà disponibles dans ChatGPT, qu'OpenAI chiffre à plus de 4 000. On y retrouve les grandes familles d'outils de travail : messagerie et agenda, stockage et partage de documents, outils collaboratifs comme Slack et Microsoft Teams, outils de développement (le dot peut lancer des tâches dans Codex, l'agent de programmation d'OpenAI), et les connecteurs métier publiés par les éditeurs.
Trois règles encadrent ces connexions. Vous choisissez application par application ce que votre dot peut voir. Dans un espace Business ou Enterprise, l'administrateur garde la main sur les applications autorisées et les règles de partage, et les Pages héritent des droits de leur espace. Enfin, pour les comptes Business et Enterprise, les contenus de l'espace de travail ne servent pas à entraîner les modèles par défaut ; pour les comptes individuels, c'est un réglage à vérifier.
Combien coûtent les dots et qui y a accès ?
Le premier dot est inclus sans supplément dans ChatGPT Pro et ChatGPT Business Premium. Les offres Free, Go et Plus n'y donnent pas accès.
- ChatGPT Pro existe désormais en trois paliers : 100, 200 et 500 dollars par mois, ce dernier ayant été annoncé le même jour que les dots.
- ChatGPT Business Premium est un siège « premium » ajouté à l'offre Business depuis le 10 août 2026 : 125 dollars par utilisateur et par mois, ou 100 dollars en facturation annuelle, au sein d'un espace de travail qui peut mélanger sièges standard et premium.
- Enterprise, Edu et Healthcare reçoivent une version bêta, que l'administrateur doit activer.
Côté quotas, les conversations avec votre dot ne sont pas décomptées de vos limites ChatGPT, mais les tâches qu'il lance dans Codex ou dans les produits ChatGPT Work le sont. OpenAI applique des conditions plus généreuses le premier mois et publiera le barème définitif ensuite. Les dots supplémentaires et les options de vitesse ou de capacité sont annoncés comme payants, sans prix connu au 3 octobre 2026.
Les dots d'OpenAI sont-ils disponibles en France ?
Oui pour les entreprises, pas encore pour les particuliers. Au lancement, OpenAI a exclu les abonnés Pro de l'Espace économique européen, de Suisse et du Royaume-Uni, donc la France. Aucune date n'a été annoncée. Interrogé sur ce point, Sam Altman a évoqué des procédures « plus longues et moins prévisibles » en Europe, sans autre précision, d'après NBC News.
En revanche, les sièges Business Premium donnent accès aux dots dans toutes les régions où ChatGPT est proposé, France comprise, avec un déploiement progressif qui peut prendre quelques jours. Les clients Enterprise peuvent activer la bêta via leur administrateur. Pour une structure française, la voie d'accès aujourd'hui est donc un espace Business avec au moins un siège Premium, la création du dot se faisant depuis un ordinateur et non depuis l'application mobile.
Qu'est-ce que les dots changent vraiment ?
Sur le fond, trois choses. D'abord, le passage de l'IA qu'on interroge à l'IA à qui l'on délègue un périmètre : la valeur ne vient plus de la qualité d'une réponse mais de la tenue d'un objectif dans le temps. Ensuite, l'arrivée d'un poste de travail autonome dans le cloud, qui rend l'agent capable d'agir dans vos outils sans que vous soyez devant l'écran. Enfin, un nouvel objet à gouverner pour les organisations : qui crée l'agent, ce qu'il peut faire seul, qui paie et qui relit. Hors bêta Enterprise, ces réglages sont aujourd'hui entre les mains de l'utilisateur, pas de l'administrateur.
Il faut aussi garder la mesure. La presse américaine a rappelé au moment du lancement qu'OpenAI avait renoncé, quelques jours avant, à sortir un modèle intermédiaire dont le comportement en autonomie n'était pas jugé fiable, et que des agents IA (ceux d'OpenAI comme ceux de concurrents) ont déjà commis des erreurs avec des conséquences réelles. Les dots arrivent avec des garde-fous sérieux, mais ce sont des outils récents, à tester sur des tâches à faible enjeu avant de leur confier quoi que ce soit d'important. C'est exactement la méthode que nous appliquons dans nos projets de déploiement sur mesure : un périmètre précis, des règles écrites, une relecture humaine, puis un élargissement progressif.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un dot d'OpenAI ?
Un dot est un agent d'intelligence artificielle intégré à ChatGPT, annoncé par OpenAI le 29 septembre 2026, qui poursuit des objectifs en continu depuis son propre ordinateur dans le cloud. Il fonctionne avec le modèle GPT-6 Astra, se connecte aux applications autorisées par l'utilisateur et continue de travailler quand la conversation est fermée. Il demande une validation avant toute action à conséquences.
Les dots d'OpenAI sont-ils disponibles en France ?
Partiellement. Au lancement, les abonnés ChatGPT Pro de l'Espace économique européen, de Suisse et du Royaume-Uni n'ont pas accès aux dots, sans date annoncée. Les entreprises équipées de sièges ChatGPT Business Premium y ont accès dans toutes les régions, avec un déploiement progressif, et les clients Enterprise peuvent activer une version bêta via leur administrateur.
Combien coûte un dot ?
Le premier dot est inclus sans supplément dans les abonnements ChatGPT Pro (100, 200 ou 500 dollars par mois) et Business Premium (125 dollars par utilisateur et par mois, 100 dollars en facturation annuelle). OpenAI annonce des dots supplémentaires et des options de vitesse ou de capacité payantes pour plus tard, sans prix publié au 3 octobre 2026. Les offres Free, Go et Plus n'y donnent pas accès.
Quelle différence entre un dot et ChatGPT ?
ChatGPT répond à une demande dans une conversation, puis s'arrête. Un dot reçoit un objectif, le découpe en tâches, utilise ses outils connectés, continue en arrière-plan et revient vers vous quand il a besoin d'une décision. Il dispose de son propre ordinateur et de son propre navigateur dans le cloud, ce qui lui permet d'agir dans des applications sans rien installer sur votre poste.
En résumé
- Les dots d'OpenAI ont été annoncés le 29 septembre 2026 au DevDay : des agents IA toujours actifs, fondés sur GPT-6 Astra.
- Chaque dot a son ordinateur et son navigateur dans le cloud, se connecte à plus de 4 000 applications via les connecteurs de ChatGPT, et se pilote depuis ChatGPT, Slack ou Teams.
- En arrière-plan, il ne fait que lire ; toute action à conséquences passe par une vérification, et les actions sensibles exigent votre accord.
- Premier dot inclus dans ChatGPT Pro (100, 200, 500 dollars par mois) et Business Premium (125 dollars par utilisateur et par mois) ; dots supplémentaires payants, prix non publié.
- En France, accès via Business Premium et Enterprise seulement ; les abonnés Pro européens attendent, sans date.
À lire ensuite : quelle IA choisir pour son activité, outils généralistes ou outils métier et comment fiabiliser ce que produit une IA.
Romane Levy, avocate, fondatrice de SILIV, l'IA pour les professionnels du droit. Elle forme avocats, juristes, notaires et commissaires de justice à l'IA et l'utilise quotidiennement sur ses propres dossiers.